Il faut savoir qu’à partir de 14 ans, les choix à faire concernant ta grossesse t’appartiennent à 100%. Tu pourrais choisir de garder ton enfant, de le confier à l’adoption ou d’interrompre ta grossesse par une intervention médicale.

Le cadre légal en vigueur au Québec reconnaît le droit pour une personne de 14 ans et plus, de consentir à plusieurs soins médicaux en toute confidentialité dont, une interruption volontaire de grossesse. Cela signifie donc que tu peux choisir cette option sans avoir à en parler à tes parents. De la même façon, tu n’as pas de permission à demander au père de l’enfant. La décision t’appartient entièrement.

Il existe des exceptions à la règle de confidentialité, par exemple, si ta vie est en danger ou que l’interruption de grossesse provoque ton hospitalisation pour une période de plus de 12 heures. Dans ces cas d’exception, tes parents devront être prévenus de ton hospitalisation sans toutefois en connaître les raisons puisqu’ils n’auront pas accès à ton dossier médical qui demeure confidentiel. Tu pourras alors décider de partager, ou non, certaines informations avec eux.

Le personnel médical a l’obligation de respecter la confidentialité quant à ta situation et de bien t’expliquer les options disponibles. Ils doivent t’informer des ressources de soutien et d’accompagnement qui peuvent t’aider à prendre une décision éclairée. Ils doivent également s’assurer que tu comprends bien la procédure médicale.

Si tu choisis l’adoption, tu dois savoir que même si tu es mineure tu peux consentir, sans autorisation de tes parents, à l’adoption de l’enfant. Au Québec, il existe différents types d’adoption. De façon générale, dans la situation d’une mère mineure, le processus se résume à la signature d’un consentement à l’adoption après la naissance de l’enfant. Ce document permet à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de confier l’enfant à une famille souhaitant l’adopter. Cette famille présentera ensuite des procédures devant la Cour du Québec, chambre de la jeunesse afin d’obtenir un jugement prononçant l’adoption de l’enfant.

Tout au long de ce processus, les CISSS/CIUSSS peuvent t’accompagner, tant pour t’expliquer les alternatives et les démarches que pour t’apporter un soutien psychosocial. Encore une fois, la décision définitive t’appartient entièrement.

Si ton choix est de garder l’enfant, cela implique naturellement que tu devras en parler avec tes parents et mettre en place la venue du bébé. Si tu ne peux plus habiter chez tes parents et que tu te retrouves sans ressources financières, malgré ta minorité, à partir de ta vingtième semaine de grossesse, tu peux recevoir, à certaines conditions, une aide financière mensuelle du gouvernement jusqu’à la naissance du bébé.

Il est possible que la DPJ se présente chez toi afin de vérifier si tu as la capacité de prendre soin de l’enfant et de répondre à ses différents besoins. Si, à la suite de cette visite, la DPJ estime nécessaire qu’une mesure volontaire soit signée, il est préférable que tu consultes un avocat(e) avant de signer ce document.

Une grossesse alors que tu es mineure implique une multitude de droits, d’obligations et de choix à faire. Il existe des ressources pour t’accompagner et te soutenir dans tes choix, mais pour bien comprendre les aspects légaux qui s’appliquent à ta situation, n’hésite pas à prendre rendez-vous dans le bureau d’aide juridique de ton secteur. Nos avocat(e)s pourront, en toute confidentialité, répondre à tes questions.